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Balkanikum

posté le 25-01-2011 à 14:36:16

Depuis quelques jours le journal croate Večernji list s'intéresse aux personnes qui ont reçu des appartements de la part du ministère de la Défense de la République de Croatie au début des années 90 pour services rendus durant la guerre. Il semblerait qu'un de leurs journalistes est tombé sur une source d'information dont le journal s'amuse à livrer des détails à petite dose. S'agissant de Jadranka Kosor, la Premier ministre, j'ai déjà parlé sur ce blog de la façon dont elle est entrée en possession de son appartement actuel lorsqu'elle avait fait déloger une famille serbe grâce à ses parrains d'alors. Jadranka Kosor a participé à la défense de son pays... loin des combats. Son cas n'est pas vraiment une révélation, par contre il y a d'autres noms fameux de la politique croate qui sont un peu gênés aux entournures ces jours-ci. Par exemple Nadan Vidošević, récent candidat malheureux à la présidence de la République de Croatie et actuel président des chambres de commerce, a obtenu un appartement pour service rendu durant la guerre d'indépendance croate à laquelle... il n'a pas participé. Un cas un peu plus anecdotique qui nous replonge dans l'histoire est celui-ci :

Le 9 décembre 1993, le Ministère de la Défense a pris une décision pour le moins controversée lorsqu'il a octroyé un appartement à Dane Šarac
 

Cet ancien volontaire de l'armée oustachie est rentré en Croatie au début des années 90, gravement invalide et âgé de 65 ans. L'armée en question, du moins celle qui a défendu la Croatie, n'a pas été engagée, et on peut donc se demander en quoi Šarac avait-il mérité d'obtenir un appartement du ministère de la Défense d'une surface de 95 m² dans la rue Zadravečka située dans le quartier zagrébois de Dubrava. Quoiqu'il en soit une note spéciale où figure son nom justifie que : "M. Šarac Dane a été membre de l'Armée de la patrie croate [Oustachis et Garde nationale, N.D.T.] entre le 1.8.1943 et le 15.5.1945.".

Dane Šarac est né en Herzégovine, tout près de Čitluk, et c'est à peine âgé de 16 ans qu'il se porte volontaire dans l'armée oustachie. Après l'effondrement du NDH, il survit à la tragédie de Bleiburg et aux chemins de croix. Cependant en 1947, l'OZNA [la police secrète qui deviendra plus tard UDBA, N.D.T.] le jette en prison et le condamne à dix années de travaux forcés. Après avoir recouvré sa liberté Šarac va rapidement trouver réfuge en Italie puis en Allemagne. Là il ne tarde pas à se lier aux émigrés les plus radicaux et à intègrer la cellule allemande de la Confrérie révolutionnaire croate. La Confrérie était réputée pour être absolument imperméable à toutes les tentatives d'infiltration des agents de l'UDBA. Cette activité dans l'émigration pendant les années 70 va presque lui coûter la tête. En effet, l'UDBA parvient à le localiser et elle envoie des tueurs à ses trousses. Ils lui mettent 22 balles dans la peau ! Gravement blessé, Šarac survit néammoins à la tentative de meurtre mais ne s'en tire pas sans séquelles durables. De fait, il sera privé d'une partie de lui-même pour le restant de ses jours. Au début des années 90 il rentre en Croatie.

D'après certaines sources, son retour a été organisé par ceux-là mêmes qui avaient cherché à lui régler son compte. Il est dit qu'il est rentré en Croatie en compagnie de Franjo Bareta et Miro Barešić. Peu de temps après Barešić a trouvé la mort dans la Guerre d'indépendance croate tandis que Franjo Bareta a récemment été cité dans le cadre du procès allemand à l'encontre de Krunoslav Prates en raison du meurtre de Stjepan Đureković en 1983. [Un procès qui lui a valu la réclusion à perpétuité, N.D.T.]

L'histoire de la vie agitée du jeune oustachi et émigrant croate nationaliste s'achève en 2002. Ce jour-là Dane Šarac meurt à l'âge de 76 ans.




Ministarstvo obrane 9. prosinca 1993. godine donosi, najblaže rečeno, kontroverznu odluku i stan dodjeljuje Dani Šarcu
 

 


Taj bivši dobrovoljac ustaške vojske u Hrvatsku se vraća početkom devedesetih kao teški tjelesni invalid u 65. godini života. Vojsku, barem onu koja je branila Hrvatsku, nije služio, stoga je pitanje čime je to Šarac zaslužio MORH-ov stan površine 95 četvornih metara u Zadravečkoj ulici u zagrebačkom naselju Dubravi. Odgovor na to pitanje nalazi se u posebnoj napomeni uz njegovo ime, gdje piše: "G. Šarac Dane je bio sudionik Hrvatske domovinske vojske od 1. 8. 1943. do 15. 5. 1945.".

Dane Šarac rođen je u Hercegovini, pokraj Čitluka, a još kao šesnaestogodišnjak prijavljuje se u ustašku vojsku. Nakon kraha NDH, preživio je bleiburšku tragediju i prošao Križni put. No, svega nekoliko godina poslije, 1947. godine, tadašnja Ozna strpala ga je u zatvor i osudila na deset godina robije. Nedugo nakon puštanja, Šarac bježi u Italiju, pa u Njemačku. Ondje se vrlo brzo povezao s najradikalnijim emigrantima i učlanio u njemačku ćeliju Hrvatskog revolucionarnog bratstva (HRB). Bratstvo je bilo na glasu kao apsolutno neprobojno za sve pokušaje infiltracije agenata Udbe. Emigrantski ga je rad sedamdesetih godina zamalo stajao glave. Naime, Udba ga je locirala i za njim poslala "kilere". Prostrijelili su ga s čak 22 metka! Teško ranjen, Šarac je pokušaj ubojstva ipak preživio, no ne bez trajnih posljedica. Naime, dio tijela ostao mu je zauvijek oduzet. Početkom 90-ih vraća se u Hrvatsku.

Prema nekim izvorima, njegov su povratak režirali isti oni koji su mu do tada radili o glavi. Navodi se da se u Hrvatsku vratio u društvu Franje Gorete i Mire Barešića. Barešić je nedugo potom poginuo u Domovinskom ratu. Ime Franje Gorete, pak, spominjalo se nedavno u sklopu njemačkog suđenja Krunoslavu Pratesu zbog ubojstva Stjepana Đurekovića 1983. godine.

Priča o burnom životu maloljetnog ustaše i ekstremnog hrvatskog emigranta završava 2002. godine. Dane Šarac umire u 76. godini života.

 

 

Source : vecernji.hr, le 25 janvier 2011.

 

 
 


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posté le 25-01-2011 à 11:01:58

Bosnie-et-Herzégovine : mauvais traitements et grève de la faim dans le camp d’étrangers de Lukavica
 



Près de Sarajevo, 20 personnes sont actuellement détenues, dans des conditions inhumaines et dégradantes dans le camp pour étrangers de Lukavica. Parmi elles des Albanais, des Égyptiens, des Syriens, des Palestiniens, des Algériens ainsi qu’un Kosovar et un Turc.

Selon plusieurs témoignages, les étrangers arrêtés en Bosnie et placés dans des centres de détention sont en général libérés au bout de quelques jours s’ils ne peuvent pas être renvoyés dans leur pays d’origine. Mais les ressortissants de pays arabes restent détenus durant de longues périodes : de trois à six mois, voire plus longtemps, car on les accuse d’être liés à des activités terroristes. Parmi eux, certains vivent en Bosnie-Herzégovine depuis plusieurs années, d’autres ont été arrêtés aux frontières du pays avant d’être conduits à Lukavica.

Aucune information sur la procédure relative à leur détention n’a été fournie aux vingt de Lukavica. Des documents provenant du tribunal leur sont parfois présentés mais « signer ou pas signer, c’est la même chose, nous ne comprenons pas ce qu’il y a écrit dessus » a rapporté à Migreurop un des détenus. Ces derniers n’ont pas été présentés devant un juge et ne disposent d’aucun conseil. Ils sont confrontés à des difficultés pour rencontrer un médecin ou un interprète. Leurs demandes d’asile sont restées sans suite.

Pour ces raisons, huit personnes (quatre Palestiniens, deux Algériens et deux Tunisiens) sont en grève de la faim depuis le 28 décembre 2010 soit 27 jours. Faibles, malades pour certains, ils n’ont aucun contact avec l’extérieur. Leur manifestation de désespoir fait suite à deux précédentes grèves de la faim au cours de l’année 2010. Dans les deux cas, les promesses d’amélioration des conditions de détention n’ont pas été tenues. Les témoins qui se sont confiés à Migreurop se plaignent également d’être victimes de mauvais traitements dont des violences physiques (coups de poings, de pieds, de matraques). Un des prisonniers dit s’être fait tabasser par un policier du centre, et avoir eu plusieurs côtes cassées. D’autres reçoivent des gifles au prétexte d’avoir osé poser une question à un gardien. Plusieurs étrangers, arrêtés à la frontière entre le Monténégro et la Bosnie-et-Herzégovine, indiquent avoir été victimes de rackets, et s’être fait voler par des policiers leurs téléphones portables, de l’argent et des effets personnels.

Inauguré en 2008, le camp d’étrangers de Lukavica, financé par l’Union européenne, est caractéristique de l’externalisation de la politique migratoire. Le pacte de stabilité pour l’Europe du sud-est engagé en 1999 donne une large place à la collaboration en matière de contrôles frontaliers. La Bosnie-et-Herzégovine, dont les ressortissants sont depuis peu dispensés de visa pour entrer dans l’UE, est un des sous-traitants que l’Union a su mettre au service de la surveillance de ses frontières extérieures, sans s’intéresser aux conditions dans lesquelles elle s’effectue. Comme en Ukraine, en Turquie ou en Libye, les migrants et les demandeurs d’asile font les frais de cette politique du donnant-donnant.

Migreurop demande aux autorités bosniennes, signataires de la Convention internationale sur les droits de tous les travailleurs migrants, de mettre au plus vite un terme aux violations des droits des détenus du camp de Lukavica. Le droit à former recours contre la mesure d’internement, celui de bénéficier de l’assistance d’un conseil et d’un interprète, le droit de demander l’asile et le respect de l’intégrité physique des détenus sont particulièrement mis à mal.

Migreurop appelle également les autorités de l’UE à assumer la responsabilité de leur politique d’externalisation, en veillant à ce que les principes qui engagent l’Union et ses États membres en matière de droits fondamentaux soient respectés dans les pays où sont délocalisés les contrôles migratoires. Migreurop rappelle qu’il est opposé à l’enfermement administratif des migrants et à la criminalisation de l’immigration qui ont pour corollaire la violation des droits fondamentaux.
 

Source : migreurop.org, le 24 janvier 2011.

Dvadeset stranih državljana umire u Bosni : Gvantanamo u Lukavici

 

 

 


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posté le 24-01-2011 à 22:23:16

Pourquoi "Le Fourvoyé des Balkans" est-il un média appartenant à la gauche caviar ?

 

Il y a des années que je le lis et je n'ai jamais lu d'article suggérant que ce média condamne l'OTAN. La condamnation de l'OTAN représentant la ligne de fracture entre la gauche qui se prétend progressiste et la vraie gauche, il faut en déduire que "Le Fourvoyé des Balkans" appartient à la gauche qui fait illusion. 

 

Est-ce que cela rend totalement inutile sa lecture ? Non, à condition de le lire entre les lignes. Justement que nous dit son dernier article concernant la situation en Albanie ? Cet article ne dit strictement rien, à part que la rédaction du "Fourvoyé des Balkans" a bien veillé à traduire l'article le plus insipide que la presse albanaise pouvait offrir aux lecteurs.

 

En effet l'article choisi ne prend pas position et se contente d'appeler les deux camps au dialogue. Nous voila bien avancé. 

 

Quelques explications s'imposent néanmoins. L'Albanie, un pays très pauvre, presque un pays du tiers monde en Europe, est confronté à de lourds choix qui ressemblent nettement à ceux de la catégorie à laquelle il appartient. Soit le pays, malgré son état d'épuisement, continue à suivre aveuglement l'OTAN soit il commence à chercher d'autres options, y compris d'autres alliances, ou du moins à rééquilibrer ses alliances. Or on sait que Berisha signifie la soumission absolue envers Washington (et indirectement envers Bruxelles). Berisha a suivi l'Amérique dans ses guerres en Irak et en Afghanistan. Berisha a systématiquement mis son pays à la remorque des USA dans toutes les expéditions de vikings que l'empire a mené ces dernières années, et bien entendu Berisha a fait entrer l'Albanie dans l'OTAN. Il est le pion par excellence de Washington et il n'a pas l'intention de s'en aller. Cet homme peut même tirer sur la foule, en la traitant de ramassis de terroristes, sans s'attirer la moindre condamnation du camp occidental. 

 

Voila ou l'on en est. Reliser l'article du "Fourvoyé des Balkans" et vous verrez que ce média ne risque pas de s'attirer les foudres du quai d'Orsay et de devenir "Le Foudroyé des Balkans". 

 

Toutefois le lecteur ne doit pas se laisser leurrer et bien comprendre que les événements en Albanie ne sont pas coupés de ce qui se passe ailleurs dans  le monde. L'empire US commence à ployer sous sa dette immense qui est le résultat de ses guerres à outrance. Partout son hégémonie commence à être remise en cause. L'Albanie n'a pas de raison de faire exception et elle ne fera pas exception.  

 

 

 

 

 

 

 

 


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posté le 24-01-2011 à 13:28:10

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L'Albanie s'enflamme

 

Je n'ai arrêté de dire que Berlusconi, Berisha et Kosor sont les trois poids morts de l'Europe. 

Pour Berlusconi, l'Europe ne peut pas l'éjecter comme ça étant donné la taille de l'Italie, un grand pays malgré tout. Par contre pour les deux autres pions il suffit d'appuyer sur le bouton. 

 

Ce que j'ai dit, ils le feront tôt ou tard... à moins que l'Europe ne se transforme en une stupide dictature de l'argent où il n'y a plus que les petits intérêts financiers à court terme qui comptent. 

 

 


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posté le 24-01-2011 à 13:23:56

Croatie : la production industrielle a reculé de 1,5% en 2010
 

La production industrielle de la Croatie a reculé pour la deuxième année de suite en 2010, de 1,5% par rapport à l'année précédente, a annoncé lundi le Bureau national croate des statistiques.

En 2009, la production industrielle avait chuté de 9,2% par rapport à 2008.
Selon les analystes locaux, la poursuite de cette tendance négative est liée à une faible demande intérieure et à la structure de la production industrielle qui s'appuie sur des produits à faible valeur ajoutée.

L'industrie croate étant essentiellement non-compétitive en termes d'exportation, la Croatie ne peut, à la différence d'autres pays de la région, tirer profit du redressement économique dans les pays de la zone euro, a estimé un analyste de la banque Raiffeisen dont la presse locale cite une étude.

L'économie croate a été frappée de plein fouet par la crise économique mondiale et s'est contractée au cours des deux dernières années, 1,9% en 2010 et 5,8% en 2009.

Le gouvernement croate table sur une croissance de 1,5% en 2011.



Source : lesechos.fr, le 24 janvier 2011.

 


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